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Le rôle de référent.e-duo

L’encadrement du Petit vélo jaune, ce sont des coéquipier.es impliqué·es, des coordinatrices passionnées, mais ce sont également des référentes-duo. Ce rôle est crucial dans l’accompagnement que nous proposons. Dans ce témoignage groupé, nous avons tenu à le mettre en lumière.

Avec Carole Bloch, Claire Genevrois et Patricia Linsmeau.

Comment résumeriez-vous votre rôle ?

Patricia : En utilisant un terme qui revient toujours au Petit vélo jaune (PVJ) :  accompagnement. En tant que RD (référente-duo), ce ne sont pas les familles mais les bénévoles que l’on accompagne. Nous sommes des intermédiaires entre ces dernier.es et les coordinatrices. Dans un premier temps, on crée le lien pour que l’accompagnement se mette en place, et dans un second temps on le soutient. Nous nous assurons d'être disponibles, mais sans jamais s'interférer dans la relation entre le.a bénévole et la famille. 

 

Carole : Le.a coéquipier.e sait qu’il peut m’appeler à tout moment, s’iel a une question, ou si une rencontre a été plus difficile. Nous organisons également des rendez-vous à des moments précis, pour s’assurer que tout se déroule au mieux. L’encadrement est notre priorité, et c’est également celle du Petit vélo jaune dans sa globalité.

Qu'est-ce qui vous a poussé à vous engager en tant que référente-duo ?

Claire : Quelques années avant ma retraite, j’ai entendu parler du projet. A l’époque, je l’avais mis de côté, mais je savais que c’était le genre de bénévolat qui m’intéresserait une fois mon travail terminé. Quand le moment fut venu, on m’a immédiatement proposé de devenir référente-duo, mais je souhaitais d’abord être sur le terrain en tant que coéquipière. Après 2 ans dans ce rôle, j’ai estimé qu’il était temps. Je suis psychologue de formation et je me connecte énormément à l’écoute prônée par le Petit vélo jaune (Bienveillante, pas trop interventionniste, dans une notion d’accompagnement et non de direction).

Patricia : J’ai rencontré le PVJ dans le cadre de mon ancien travail. J’avais à l’époque orienté quelques familles vers l’association, et j’ai très vite été convaincu de l’utilité du service. C’est vraiment un maillon manquant dans le suivi des familles isolées. Le rapport n’est pas le même lorsqu’elles interagissent avec un assistant social et lorsqu’elles côtoient un bénévole. Ici, c’est vraiment comme un.e bon.ne ami.e avec lequel/laquelle on peut tout dire, se sentir libre. Une fois retraitée et après un parcours de vie dans le secteur social, j’avais besoin de continuer à être nourrie par la réflexion et l’humain. J’ai cherché à conserver un cadre professionnel malgré le bénévolat, et le rôle de RD a parfaitement su mêler les deux approches.

Selon vous, quelles sont les qualités qui font un.e bon.ne référent.e-duo ?

Claire : Une bonne écoute, couplée à une bonne capacité d’analyse pour voir là où ça pourrait coincer et porter attention aux besoins de chacun. Une certaine disponibilité, pas tant en quantité de temps mais plutôt en capacité de réaction. Certaines situations plus urgentes nécessitent de ne pas trop tarder à répondre.

Et je dirais une grande capacité de remise en question, que ce soit lorsque les choses ne fonctionnent pas ou lorsqu’elles fonctionnent. Même dans un bénévolat, il ne suffit pas de faire pour faire. Il faut continuer à réfléchir, s’améliorer, avancer. Ça crée une certaine solidité.

Carole : Il y a également des valeurs communes, dont la principale est l’intérêt pour autrui : Il faut aimer le contact humain et avoir de l’intérêt pour ce dernier.

Patricia : C’est un travail d’équipe, aussi bien avec les bénévoles qu’avec les coordinatrices et le cadre qu’elles proposent.

Depuis le début de votre "super bénévolat", quelle situation/binôme vous a-t-il le plus marqué ? Pourquoi ?

Carole : Il y a deux ans, j’ai accompagné un binôme composé d’un bénévole et d’une maman afghane, arrivée seule ici avec deux enfants de 2 ans et 6 mois. Son mari, à l'origine resté en Afghanistan, s'était mis en route vers la Belgique mais a mis en tout deux ans pour venir jusqu'en Belgique. Elle a accouché au début de l’accompagnement, de jumeaux, mais l’un n’a malheureusement pas survécu. Cette famille s'est retrouvée ici, sans papiers ni connaissance de la langue, avec trois enfants dont un à traits autistiques. Face à ce genre de situations, on se rend compte à quel point le Petit vélo jaune a sa place, et à quel point notre rôle a du sens.

Patricia : Mon premier binôme, parce qu’il m’a pris de court. Tout au long de ma carrière, j’ai eu beaucoup de contacts avec des familles en situation de précarité. Je m’attendais à des situations similaires mais l’isolement ne touche pas que ces dernières. En l’occurrence, mon premier accompagnement était consacré à une maman enceinte qui travaillait à la commission européenne. N’ayant pas de famille en Belgique et angoissant à l’idée d’avoir un bébé toute seule, elle a fait appel au Petit vélo jaune. Au bout de quelques mois, il s’est avéré que cette femme avait plus de ressources qu’elle ne l’avait imaginé, mais elle n’a été en rien illégitime. Elle en avait besoin. Cette situation m’a marqué parce qu’elle met en lumière l’ouverture d’esprit du Petit vélo jaune. Ce n’est pas que la précarité financière qui compte, mais surtout l’isolement.

Claire : Impossible de choisir. Dans tous mes accompagnements, j’ai été tellement touchée par la force de ces femmes, par la qualité des coéquipiers, et par les relations qui se sont formées. Il y a un véritable apport dans les deux sens, et c’est super important. Non, je ne pourrais pas en extraire un en particulier, je ne ressens que du bonheur de voir que ça matche aussi bien.

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